Accueil du site > Thèmes de recherche > Axe 2 : Mécanismes de composition du discours
Au-delà de l’énoncé, les productions verbales ne sont plus régies par des contraintes de dépendance structurale. Les énoncés isolés sont interprétés en regard de la situation et il y a discours dès que deux énoncés sont manifestement produits à la suite par un même locuteur ou par plusieurs locuteurs. La reconnaissance qu’il y a discours ne va pas de soi, mais une fois acquise elle se traduit par le développement de relations de cohérence. Les destinataires présument que le locuteur/rédacteur enchaîne sur ce qu’il vient de dire ou sur ce qu’un autre locuteur vient de dire (maxime de pertinence de Grice, principe de pertinence optimale de Sperber et Wilson). Ce principe conduit à l’inférence de liens sémantiques et pragmatiques défaisables entre les énoncés successifs. Les relations sémantiques concernent les situations dénotées par les énoncés. Elles établissent des liens entre les procès et les participants à ces procès. A un niveau très général, ces relations peuvent être causales, de simple contiguïté ou de ressemblance (les relations de référence entre les participants aux procès sont typiquement des relations de ressemblance/dissemblance).
Les relations pragmatiques établissent des liens énonciatifs entre les énoncés, les destinataires inférant que par exemple telle assertion produite après telle autre vise à la justifier, à l’exemplifier, à la contester.… L’accès à ces relations énonciatives conduit à attribuer globalement une intention à l’énonciation d’un énoncé ou d’un ensemble d’énoncés à la suite de tel autre. Leur calcul dépend des connaissances d’arrière-plan des auditeurs/lecteurs sur les situations mentionnées dans les énoncés successifs et des intentions communicatives qu’ils considèrent comme plausibles à chaque étape de l’avancée du discours.
La reconnaissance des relations sémantiques et pragmatiques est guidé par les constructions et les expressions relationnelles fournies par les locuteurs/rédacteurs de façon à ce que les interlocuteurs puissent accéder à la cohérence de ce qu’ils disent au fur et à mesure qu’ils le disent. Ces indications ou marques de cohésion sont de nature diverse. Elles jouent sur plusieurs plans et donnent lieu à des assemblages d’extension variée qui se superposent et interagissent en permanence. La construction et le contrôle pas à pas de ces assemblages peut être influencé et guidé par des schémas de texte ("macro-structures" sémantico pragmatiques associées à un type de discours). Les énoncés regroupés dans ces assemblages contractent des liens de solidarité qui varient en fonction des formes d’expression. On peut distinguer 6 types d’assemblages :
assemblages constructionnels (subordination, constructions corrélatives ou parataxiques, ellipses, …)
assemblages informationnels (topicalisation, dislocation, …)
assemblages intonationnels (paragraphe oral, périodes intonatives) et typo-dispositionnels (alinéas, puces, parenthèses…)
assemblages rhétoriques (connecteurs ou marqueurs de relations de discours, …)
assemblages référentiels (anaphores, chaînes de référence)
assemblages organisationnels (adverbiaux cadratifs)
Les études proposées sous cet axe mettent principalement en jeu des assemblages constructionnels, informationnels, référentiels et organisationnels, l’importance de chacun variant d’une sous-opération à l’autre. Les travaux abordent l’étude de ces phénomènes à partir des formes d’expression participant à la mise en place de ces assemblages.
Responsable : L. Sarda et T. Poibeau Membres du Laboratoire : C. Fuchs, M.-J. Gouesse, P. Balogh, M. Bouveret, N. Tanguy Collaborateurs extérieurs : G. Col. Objectifs Cette opération se propose d’explorer les questions de rections au-delà de la valence verbale dans un cadre sémantique à l’interface entre syntaxe et pragmatique. Il s’agira d’explorer d’une part la zone grise entre argument et adjoint en remettant en question l’idée d’une frontière fixe entre les deux statuts ; nous observerons (...)
Responsables : S. Carter-Thomas et S. Prévost, Membres du Lattice : P. Balogh, M. Charolles, C. Fuchs, S. Girault, E. Havu, F. Landragin, F. Lefeuvre, M.-J. Gouesse, L. Sarda, P. Le Goffic (jusqu’à juin 2010, ensuite : demande d’éméritat) Doctorants : D. Karel (Paris 3) Objectif : L’opération a pour but l’étude des corrélations entre les éléments initiaux (EI, c’est-à-dire qui précèdent le sujet et/ou le verbe) et certains "faits linguistiques" qui se produisent dans la phrase d’accueil ainsi (...)
Responsable : F. Landragin Participants : M. Charolles, F. Lefeuvre, B. Victorri, A.-M. Argenti, P. Balogh, P. Le Goffic. Doctorants : C.Fonseca, A. Rym, A.-M. Guiraud. Collaborations extérieures : J.Pynte (Paris V), B.Hemforth (Paris V), S.Colonna (Paris V), A.Megherbi (Paris XIII), Y.Bestgen & S.Piérard (Louvain-La-Neuve). Les phénomènes anaphoriques et cataphoriques contribuent à la cohésion d’un texte et constituent par excellence un des mécanismes de composition de (...)