Annulé – Grégory Furmaniak

Les formes modales anglaises : de la phrase au texte, en passant par les modes de discours

J’essaierai de montrer que les descriptions sémantiques traditionnelles des formes modales anglaises sont insuffisantes pour rendre compte de leur emploi en discours et des situations de quasi-synonymie (par exemple shall déontique vs must déontique).
Je passerai en revue différentes approches qui se sont intéressées au comportement de ces formes en discours (en particulier dans le domaine de l’anglais de spécialité) mais j’en arrive  à la conclusion qu’elles ne sont pas satisfaisantes pour notre projet.
Premièrement, le fait qu’elles soient text­-centered (leur but étant de décrire les propriétés formelles et fonctionnelles de certains types de textes) les rend inadaptées aux objectifs du grammairien, qui est de caractériser les formes, et non les textes.
Deuxièmement, les niveaux d’analyse textuels qu’elles retiennent, que ce soit domaine, le genre ou la division rhétorique, ne sont pas des niveaux grammaticaux, au sens où ils ne peuvent pas recevoir une caractérisation grammaticale cohérente.
Je propose donc, dans un premier temps, de travailler sur l’articulation formes grammaticales (ici, les modaux) / modes de discours. Les modes de discours sont conçus ici, à la suite de Smith (2003) comme autant d’emplois différents des ressources de la langue, et on pourrait peut-être aller jusqu’à les considérer comme des sous-systèmes. Mes recherches ont montré des phénomènes d’attraction et de répulsion significatifs entre certaines formes modales (ou certains de leurs emplois) et certains modes de discours.
Dans un second temps, je propose un début de réflexion sur la manière de réintroduire les genres dans l’analyse. Les données montrent en effet que même si le genre n’est pas une composante grammaticale, il a une influence sur la sélection, voire la valeur, des formes grammaticales en discours. Une piste pour intégrer les contraintes génériques pourrait venir de la notion de générème proposée par Krazem (2012).